Les terres recyclables des chantiers

Publié le jeudi 29 mars 2018|Auteur: Salmson
Pelleteuse au travail

Recycler les terres mises au rebut en ressources pour bâtir ; une réflexion qui émerge ! Le chantier titanesque du Grand Paris, la raréfaction des matériaux et une demande croissante en logements remettent le bâti en terre au cœur de notre processus de construction. Un retour en arrière salutaire.

La construction en terre, une méthode ancestrale

Dans le monde, un tiers des habitations sont construites en terre, de la ville de Shibam au Yemen en passant par l’Alhambra en Espagne ou des quartiers de Lyon, les exemples sont nombreux.

En France, la construction en terre a été remplacée après la première moitié du 20ème siècle par le ciment, l’aluminium et l’acier, matériaux gourmands en énergie et en matières premières.
Tous les pays occidentaux ont connu ce développement dans la construction. Pisé, torchis, bauge, adobe, colombages, pierre ou bois…Les matériaux disponibles localement étaient surtout utilisés par nécessité.

La terre au rebut

Les terres (dites inertes), issues des chantiers sont considérées aujourd’hui comme du rebut.
Les déchets inertes représentent environ 90 % des déchets des chantiers de la construction, soit environ 240 millions de tonnes.
Seulement 20 à 30 % des déblais de terre sont aujourd’hui retraités. Le reste est entassé dans des carrières ou d’anciennes terres agricoles.
Ce qui pose aussi des problèmes de stockage, réduit l’espace foncier et occasionne un impact économique et écologique.
La France est le 4ème pays européen à produire le plus de déchets issus de la construction par tête d’habitant.
Un potentiel de recyclage non négligeable existe donc !

Le Grand Paris Express, laboratoire à ciel ouvert

Chaque année, 20 millions de tonnes de terres sortent des entrailles de l’Ile de France.
S’y ajoute les 45 millions de tonnes (sur 10 ans) pour le seul projet du Grand Paris Express.
Une initiative singulière s’est greffée sur ce chantier titanesque pour analyser les terres franciliennes et expérimenter la construction durable ainsi que la réutilisation de ces dernières avec l’aide de partenaires locaux et de scientifiques.
Un pari réussi (l’exposition Terres de Paris – Pavillon de l’Arsenal – 2016-2017 a retracé ce parcours).

Les vertus de la terre

Peu chère, abondante, nécessitant peu de transformation, elle recèle beaucoup d’atouts.
Elle est également dotée de nombreuses vertus : inertie thermique, bonne régulation de l’humidité, absence de produits toxiques, absorbant d’odeurs et de bruits.
De quoi en faire le matériau du 21ème siècle !

Un bel avenir notamment dans les pays africains qui vont devoir construire beaucoup mais aussi en Europe où la contribution à la transition écologique reste un défi fondamental.

Statistiques et données :
– Eurostat : les déchets de la construction en Europe
– Ministère de la transition écologique et solidaire : déchets et construction
– Le Monde – Article déblais du grand Paris
– Terres de Paris, de la matière au matériau. Exposition au Pavillon de l’Arsenal (2016-2017) présentation exposition terres de Paris