L’eau, cette ressource en péril

Publié le mercredi 28 février 2018|Auteur: Salmson

L’eau, ce bien commun, devient une ressource rare au niveau mondial. Une prise de conscience sur sa valeur émerge, après des usages intensifs, qui l’on mis à mal. Optimisation, gestion et préservation deviennent les maîtres mots de notre époque.

Le manque d’eau ou le stress hydrique, un fléau en développement

Il est établit qu’un pays connaît un stress hydrique lorsqu’il dispose de moins de 1700 m3 d’eau par an et par habitant et qu’il est en pénurie lorsqu’il descend à moins de 1000 m3.

Tous les continents sont touchés par des problèmes de stress hydrique, de façon épisodique ou régulière selon les zones, leur climat et l’utilisation faite de l’eau.
L’Europe et la France ne font pas exception.

La France moins gourmande

La France, très bien lotie en eau douce, a cependant des ressources par habitant parmi les plus faibles1 d’Europe, en raison de sa forte population.

Les Américains et les Japonais consomment deux fois plus d’eau potable que les Français, qui sont, quant à eux, un peu moins gourmands que leurs voisins européens.

Les scénarios sur le stress hydrique sur le long terme dans le monde restent plutôt pessimistes.

Hausse du stress hydrique en Europe

Les épisodes de sécheresse dans l’UE, ont augmenté de 20 % sur 30 ans2. A titre d’exemple, La sécheresse de 2003 a affecté 1/3 du territoire européen.

En France, des sécheresses successives ont eu lieu jusqu’en 2006 puis en 2011 et 2015 engendrant des arrêtés interdisant certains usages de l’eau. De plus en plus de départements prennent des arrêtés.

D’où vient l’eau que nous utilisons, quels en sont ses usages ?

Mieux connaître les sources d’approvisionnement en eau et l’usage qui en est fait permet une meilleure gestion des ressources hydriques et donc de mieux les préserver.

D’ou vient l’eau ?

La France importe très peu d’eau et utilise ses propres ressources pour l’ensemble de ses activités. Ce sont majoritairement ses eaux souterraines et de surface qui alimentent les besoins ; et dans une moindre mesure les eaux saumâtres et de mer.

Quels usages ?

L’eau potable3 représente 50% des prélèvements. Le reste étant utilisé à part égale (25% chacun) pour l’industrie et l’agriculture.

A titre comparatif, en Allemagne les prélèvements industriels sont majoritaires et en Espagne c’est l’agriculture qui arrive en tête des prélèvements.

La qualité de l’eau un facteur essentiel

La qualité de l’eau peut aggraver le stress hydrique si elle est trop polluée. Son niveau qualitatif est donc primordial.

En France, sa qualité4, pour les eaux souterraines ou de surfaces reste insuffisante en raison de la présence de nitrates et de pesticides qui ne diminuent pas dans le temps alors que d’autres polluants comme les phosphates ont fortement chuté.

La quasi-totalité des cours d’eau et des eaux souterraines contiennent des pesticides (herbicides). En ce qui concerne l’eau potable (prélevée aux robinets), elle s’améliore régulièrement depuis les années 2000.

La même tendance s’opère en Europe concernant les nitrates dans les eaux souterraines et les phosphates dans les rivières.

Peut-on remédier au stress hydrique ?

L’augmentation de la population, un développement des zones urbaines, des ressources naturelles limitées et les aléas climatiques peuvent, dans une certaine mesure, être atténués.

Insufflées depuis près de vingt ans notamment par l’UE, des lois5 et une plus grande communication ont permis une évolution des pratiques à tous les niveaux en Europe.

Prendre conscience de nos pratiques est un facteur essentiel. La communication joue ici pleinement son rôle et a permis une évolution des comportements : les ménages, par exemple, consomment moins d’eau.

Les progrès technologiques et les équipements moins gourmands en eau ont été développés ; ils participent à une meilleure utilisation de l’eau comme chez les industriels.

Les fuites d’eaux sur les réseaux de distribution tendent à diminuer, ils sont mieux entretenus.

La prise en compte de l’environnement permettrait également de faire diminuer le stress hydrique7.

Les industriels font des progrès

Les prélèvements d’eau ont diminué de 27% sur 10 ans, grâce notamment à l’évolution des procédés industriels et à l’utilisation plus fréquente des systèmes de circuits fermés.

Chacun a donc son rôle à jouer, individuellement et / ou collectivement. Préserver notre environnement pour une bonne qualité de vie est possible. Les efforts accomplis depuis de nombreuses années maintenant donnent des résultats encourageants.

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Statistiques et données :
– Eurostat : http://ec.europa.eu/eurostat/web/environment/water
– Les services publics d’eau et d’assainissement en France. Rapport FP2E/BIPE (6ème édition).
– Ministère de la transition écologique et solidaire. http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/

Notes
1 – Moins de 3000 m3/habitant sur une année.
2 – Période comprise entre 1976 et 2006.
3 – L’eau potable provient aux deux tiers des sources souterraines et le reste des eaux de surface.
4 – La mesure de la qualité de l’eau implique différents facteurs :
– l’état écologique qui inclus les différents types d’organismes (poissons, plantes aquatiques…) et physico-chimique (azote, phosphore..) présents dans l’eau.
– l’état chimique qui correspond à la concentration de substances chimiques.
– l’état quantitatif, c’est à dire la quantité d’eau.
5 – Lois sur l’eau
– Union Européenne :
En 2000 : Directive européenne 2000/60/CE, appelée directive-cadre sur l’eau (DCE), qui est l’élément central de la politique européenne sur l’eau.
En 2009, l’Union a adopté un livre blanc «Adaptation au changement climatique, vers un cadre d’action européen»
En 2012 : la Commission propose un partenariat d’innovation européen (PIE) sur l’eau.
En 2012 : plan d’action pour la sauvegarde des ressources en eau de l’Europe. Voir également : Resource efficiency roadmap.
– France : loi de 1964, loi de 1992 puis loi de 2006 (transposition loi européenne de 2000). La Charte de l’environnement a été adossée à la Constitution.
6 – Des scénarios à horizon 2050 établissent qu’un fort développement économique accompagné d’une prise en compte de l’environnement tendrait à faire diminuer le stress hydrique, sinon il augmenterait.
7 – Entre 1999 et 2008