Le tout-à-l’égout, « le bon tuyau »

Publié le jeudi 15 mars 2018|Auteur: Salmson
Le tout à l'égout dans le collectif

La valorisation de l’eau via la collecte des eaux usées puis leur traitement de dépollution est une fonction majeure pour préserver la santé de l’homme et de son environnement. Le tout-à-l’égout rempli à merveille cette fonction en lien avec l’épuration.

Le tout-à-l’égout, une innovation ancienne

Le concept du tout-à-l’égout qui permet l’acheminement des eaux souillées hors des lieux d’habitation remonte à l’époque des Romains.
Le problème du traitement des matières polluantes n’avait quant à lui pas lieu d’être à cette époque.

En Europe, les Britanniques champions du tout-à-l’égout

D’un pays à l’autre de l’Europe, le taux de foyers connectés à un réseau collectif varie : du 100% au Royaume-Uni en passant par seulement 40% des foyers connectés en Croatie, l’écart est de taille. Les pays de la «vieille Europe» sont mieux équipés que les «nouveaux entrants» de l’UE, en raison de normes et de technologies déjà bien implantées.

En France, 80% des foyers sont connectés. Ce qui peut sembler insuffisant. Environ 10 000 communes ne sont pas desservies par l’assainissement collectif.
Il y a donc une marge de manoeuvre sur un ensemble de pays européens.

Comment s’organisent aujourd’hui ces réseaux

Les réseaux collectifs acheminent majoritairement les eaux usées domestiques et les eaux pluviales. Il existe les réseaux collectifs dits unitaires et les séparatifs. Ils cohabitent parfois ensemble.

Les réseaux unitaires

Ce sont les plus anciens, ils ont été pensés, à l’origine, pour les eaux pluviales. Au fur et à mesure les habitations s’y sont connectées, les eaux y sont donc mélangées.

Des eaux complexes à traiter
Ces mélanges d’eaux provoquent une réduction de la concentration en polluants qui nuit à l’efficacité de l’épuration. Et en cas de fortes pluies, il y a des surcharges en eaux souvent très complexes à gérer pour les stations. Des rejets non traités peuvent se répandre dans la nature. L’intérêt du réseau séparatif est qu’il gère mieux ce type de problématiques.

Les réseaux séparatifs

Ils se sont développés pour palier aux problèmes des premiers. Les eaux pluviales ou de ruissellement sont ici acheminées via ce réseau distinct, et sont stockés, si nécessaire, dans des bassins de rétention avant d’être traités. Les réseaux séparatifs se développent de plus en plus dans les agglomérations (notamment lors de rénovations ou d’agrandissements).
Dans tous les cas, l’entretien des réseaux, des « linéaires » est important pour une efficacité du tout-à-l’égout.

Les rejets des entreprises

En général les industries les plus polluantes ne sont pas traitées par le réseau public. Certaines eaux industrielles peuvent être admises dans ce réseau mais sous certaines conditions établies en amont.
rejet d'eau

Les stations d’épuration

D’une durée de vie comprise entre 30 et 40 ans elles sont 20 000 environ en France.
Réparties entre opérateurs publics et privés, la majorité de celles à forte capacité est gérée par les opérateurs publics. Ce sont ces dernières qui traitent 82 % de la pollution. Toutes les stations voient leurs performances augmenter au fil du temps.
Les boues, issues de cette dépollution* sont en majorité valorisées par l’agriculture en France.

Une source potentielle d’énergie « propre »

De nouvelles perspectives pour capter l’énergie issue des eaux usées et des boues se développent et certaines sont déjà opérationnelles.
Ces eaux, longtemps inexploitées, sont un gisement de matières premières et de biogaz. Leur potentiel de recyclage est loin d’être atteint (70% dans les pays à haut revenu contre 8%  dans les autres). Aux Etats-Unis, par exemple, l’eau douce des fleuves a été utilisée 20 fois avant d’atteindre la mer. Le marché du traitement des eaux industrielles devrait augmenter de 50%.
Un bel avenir énergétique se profile !

Statistiques et données :
– Eurostat : (lien en anglais) : clean water and sanitation
– Ministère de la transition écologique et solidaire. https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/assainissement
– Les services publics d’eau et d’assainissement en France. Rapport FP2E/BIPE (6ème édition).
– Commissariat Général au Développement Durable – REPERES-L’eau et les milieux aquatiques. Chiffres clés.2016
– ONU. Objectifs de développement durable. lien : eaux usées ressource précieuse

Notes
Lois sur l’eau
– Union Européenne :
En 2000 : Directive européenne 2000/60/CE, appelée directive-cadre sur l’eau (DCE), qui est l’élément central de la politique européenne sur l’eau.
En 2009, l’Union a adopté un livre blanc «Adaptation au changement climatique, vers un cadre d’action européen»
En 2012 : la Commission propose un partenariat d’innovation européen (PIE) sur l’eau.
En 2012 : plan d’action pour la sauvegarde des ressources en eau de l’Europe. Voir également : Resource efficiency roadmap.
– France :
loi de 1964, loi de 1992 puis loi de 2006 (transposition loi européenne de 2000).
La Charte de l’environnement a été adossée à la Constitution.