La maintenance prédictive, maintenance du futur

Publié le lundi 10 septembre 2018|Auteur: Salmson
Maintenance prédictive

De l’industrie à l’habitat, la maintenance prédictive ouvre des voies nouvelles.
Certains présentent les objets connectés comme de purs gadgets. Ils ouvrent pourtant des perspectives vertigineuses dans de nombreux domaines, en particulier la maintenance.

L’industrie à la pointe

Dans l’industrie, la maintenance prédictive s’est beaucoup développée, et a encore de beaux jours devant elle. Une machine peut ainsi, grâce à un système embarqué, remonter à l’exploitant d’un site industriel les informations relatives à l’état d’usure des pièces ou au nombre de cycles d’utilisation, voire repérer les signes avant-coureurs d’une panne.

Une maintenance facilitée

En agrégeant ces informations, le service de maintenance interviendra à temps pour prévenir une panne et saura ainsi éviter un arrêt de production. En consolidant les données de plusieurs sites industriels, en version big data, la récurrence de certaines alertes pourrait même conduire à identifier les points faibles des installations industrielles et à améliorer la qualité globale des sites de production. Les produits les plus modernes s’appuient même sur l’analyse de la vibration des machines pour détecter au plus tôt la moindre anomalie.

Un vecteur d’économie

Couplant Internet des objets et machine learning, la maintenance prédictive pourrait, selon une étude réalisée par le cabinet McKinsey, conduire les entreprises au niveau mondial à économiser 630 milliards de dollars d’ici 2025. Des économies réalisées tant sur les coûts d’intervention que sur les pertes d’exploitation liées par exemple à l’arrêt d’une chaîne de production le temps de réparer une panne. D’autres études estiment que la taille du marché devrait être multipliée par 4 entre 2016 et 2021.

Des perspectives dans le BTP

Cette perspective ne concerne pas que l’industrie. La maintenance prédictive arrive aussi dans le bâtiment. Les équipements pour les locaux tertiaires et l’habitat collectif seront évidemment les premiers à être plébiscités par le marché, car ils faciliteront le quotidien des professionnels de la maintenance et abaisseront les coûts et les désagréments pour les exploitants (gestionnaires de parc, bailleurs sociaux…). Chaufferies collectives, réseaux d’eau, réseaux de ventilation, automatismes… : les applications sont nombreuses.

Les économies sont sans doute au moins aussi substantielles que dans l’industrie. Pour un local commercial, une entreprise du tertiaire, un restaurant, la maintenance prédictive offre de nombreux atouts. Si elle n’est pas encore aussi mature que dans l’industrie, elle devrait se développer assez rapidement, vu l’intérêt évident qu’elle présente pour les exploitants.

Et le logement ?

Ce qui vaut pour les grands bâtiments, avec des logiques d’exploitation tournées vers la performance et la rentabilité, n’est pas toujours transposable au petit collectif ou au logement individuel, confiés à des acteurs beaucoup plus petits et avec des logiques économiques beaucoup moins tournées vers l’amortissement.

La maison individuelle pour le moment peu concernée

La maintenance prédictive reste, de ce point de vue, un horizon plus lointain en maison individuelle. Mais pour autant, des pistes prometteuses s’annoncent, notamment dans un contexte où les petites entreprises peinent à recruter. Les entreprises spécialisées dans l’entretien et la maintenance du chauffage devront recruter 4000 techniciens dans les dix ans qui viennent, rappelait l’an dernier le syndicat Synasav, qui fédère les acteurs du secteur. Or, trouver les candidats risque de s’avérer délicat !

Un recours d’avenir pour les chauffagistes

Dans ce contexte, la maintenance prédictive, en particulier pour les chaudières, pourrait s’avérer très précieuse. Suivre à distance l’usure des pièces ou être alerté en temps réel des signes avant-coureurs d’un dysfonctionnement évite d’avoir à intervenir dans l’urgence et facilite la planification des déplacements, la commande des pièces… Sans compter que la digitalisation de la profession via l’essor des objets connectés contribue à moderniser l’image d’une profession et à la rendre plus attractive auprès des nouvelles générations.