Feu vert pour l’économie circulaire

Publié le jeudi 17 mai 2018|Auteur: Salmson
Croissance circulaire

L’économie circulaire, qui consiste à gaspiller le moins et à réutiliser ou recycler le plus, est le nouvel enjeu du 21ème siècle. Elle gagne du terrain même si l’économie linéaire reste le modèle de référence. Recyclage et éco-conception font partie des nouveaux piliers de cette croissance verte.

Un passé linéaire

Nous laissons derrière nous deux siècles d’une économie « linéaire », où la production sans limites était le modèle de réussite. Impacts environnementaux, raréfaction des ressources et déchets n’étaient pas pris en compte. Sans doute leurs effets ne se faisaient-ils pas ressentir à l’époque.

Aujourd’hui les répercussions sont bien visibles et mettent la planète en péril. L’impérieuse nécessité de leur prise en compte et la révision de nos modèles de croissance sont inéluctables.

Les grandes lignes de cette nouvelle économie

Les principes qui la définissent concernent autant les produits fabriqués que les comportements à adopter. En voici les principaux:

Des produits les plus vertueux possibles

– Considérer les aspects environnementaux dès la conception d’un produit. L’objectif étant la réduction des impacts environnementaux négatifs tout au long du cycle de vie.
Cette démarche nommée éco-conception est intégrée au sein de la Directive Européenne ErP (voir encart ci-dessous).
– Tendre vers une économie de la fonctionnalité ou l’usage (avec les services associés) est privilégié à la possession.
– Allonger la durée d’usage des produits et lutter contre l’obsolescence programmée.

Les directives ErP

Ces textes élaborés notamment par l’UE concernent tous les produits en lien avec l’énergie et intègrent beaucoup de principes de l’éco-conception.
Ils ont été mis en place, depuis une dizaine d’années, dans de nombreuses industries afin de réduire l’impact sur l’environnement des produits fabriqués.

Pour les pompes et les systèmes de pompage. Les directives ERP sont entrées progressivement en vigueur depuis 2005, avec des échéances majeures entre  2013 et 2017.

  • 97,5 % d’une pompe  est recyclable
  • 2,5 % seulement du poids total d’une pompe est non recyclable

 

 

Des comportements, en tant que producteurs ou consommateurs, à faire évoluer

– S’approvisionner de façon éclairée pour limiter les  rebuts et l’ exploitation de l’environnement (notamment les mines et les carrières),
– Travailler sur l’écologie industrielle et territoriale. Il s’agit de stimuler les échanges de ressources entre entreprises. Certains déchets peuvent ainsi devenir la matière première d’une entreprise voisine.
– Organiser une consommation responsable,
– Développer le recyclage à tous les niveaux.

Les leviers pour accroître cette économie

Le digital est l’un des moyens qui peut accélérer cette évolution. Il permet de faire rencontrer l’offre et la demande, par exemple pour éviter le gaspillage alimentaire ou favoriser le prêt de matériel.
Des initiatives se développent comme des applications digitales pour éviter, par exemple, la pollution. L’application « SO net », du Grand Ouest Parisien permet de signaler des problèmes de voieries, de type décharge sauvage, et initier ainsi des comportements plus responsables.
Le volet social est aussi un levier fort. En faisant travailler localement les gens et en développant sur place le recyclage des produits et des matériaux  de nombreux emplois sont créés. De la matière première est aussi économisée.
Par exemple au lieu de traiter les déchets par enfouissement, s’ils sont recyclés on développe un tissu d’emplois 20 fois plus important.

Les défis d’aujourd’hui et de demain

L’économie circulaire reste complexe à mettre en oeuvre, et de nombreuses défis sont à surmonter.

Technologiques

La fabrication d’outils de recyclage performants n’est pas toujours aisée à réaliser.
De plus, le recyclage de certaines matières reste un défi majeur. Les plastiques, par exemple, extrêmement répandus, posent un vrai problème technique en raison de la variété des éléments qui les composent.

Economiques

Les investissements financiers, pour la recherche et le développement ou pour des outils de recyclage, peuvent s’avérer colossaux.
Par conséquent, les matières issues du recyclage peuvent ne pas être économiquement viables si des filières rentables ne sont pas organisées.
Et les investisseurs ne sont pas au rendez-vous.

Comportementaux

Nos modes de vie et de consommation doivent évoluer vers plus de sobriété et de réflexes vertueux.
Les déchets ménagers sont, en France, triés à 40 % ce qui est insuffisant notamment vis à vis des engagements pris avec l’Europe.
Certains secteurs doivent aussi être plus performants, comme par exemple le BTP qui est à l’origine de 72% des déchets produits en France. ( voir article sur les terres recyclables des chantiers ).

Ce sont donc de puissants freins qu’il va nous falloir lever.

Cependant, pendant que de nombreuses initiatives voient le jour, une prise de conscience générale est amorcée et les pouvoirs publics, en France comme en Europe, oeuvrent dans le bon sens.
Réglementation sur l’éco-conception, assises de l’économie circulaire, projets de recherches sont déjà à l’oeuvre.
Et les marges d’amélioration restent énormes, dans beaucoup de domaines.

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Statistiques et données :
– Institut national de l’économie circulaire – lien sur le site

– Economie circulaire : quelques questions clefs rapport n°009548-01. lien sur le document
Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie – Conseil général de l’environnement et du développement durable.
– Statistiques sur le recyclage des déchets – lien sur les statistiques
– Le Monde « Recyclage : la France loin de l’objectif européen »- 15.11.2017
– La Tribune « Quels leviers pour l’économie circulaire ? » – 04.04.2018
– ADEME
– Directive sur l’éco-conception
– Les 3ème assises de l’économie circulaire – Paris 27-28 juin 2018