De la Réglementation thermique à la réglementation environnementale

Publié le jeudi 26 avril 2018|Auteur: Pierre Boyzer
réglementation environnementale

Annoncée pour 2018, la nouvelle réglementation environnementale ne devrait pas voir le jour avant 2020. Lors du salon Ener-J Meeting, le secrétaire d’Etat Julien Denormandie en a dévoilé l’orientation générale.

Monitoring de l’énergie

Premier point: le pilotage des consommations énergétiques du bâtiment va être davantage pris en compte.
Avec les dernières avancées technologiques les offres commerciales tendent à se multiplier. On compte maintenant plusieurs dizaines de marques proposant un monitoring des consommations d’une maison individuelle, de la PME locale jusqu’aux Gafam, très proactives sur le marché de la maison connectée.
Les effets sur les consommations sont variables, mais les solutions les plus performantes ont un impact réel !
Leur prise en compte dans la prochaine réglementation est donc logique et bienvenu.

Energie et carbone

Autre point important: l’articulation entre les niveaux énergie et carbone.
Ils sont aujourd’hui parfaitement étanches.
Un bâtiment neuf peut viser un des quatre niveaux dans le volet énergie (en pratique le niveau 4 est pour l’heure quasiment inatteignable) et un des deux niveaux carbone, mais les deux critères ne dialoguent pas.
La nouveauté, c’est une conformité réglementaire d’un bâtiment neuf qui pourrait s’approcher d’un système à points (rien n’est encore arrêté à ce stade).
Les critères énergétiques apporteraient un certain nombre de points et ceux liés au carbone pareillement.
L’étude préalable, à joindre au permis de construire, ne serait recevable qui si un seuil de points minimal était atteint.
De cette façon, le choix de matériaux un peu plus carbonés pourrait être compensé par un surcroît d’isolation thermique ou par une production in-situ d’énergie renouvelable.

Une réglementation encore en discussion

Un travail de fond va s’engager pour finaliser la nouvelle réglementation environnementale, avec en perspectives des mois de discussions et d’arbitrages.
Une chose est certaine : les bâtiments de demain devront être à la fois faiblement consommateurs d’énergie et générer un impact limité en carbone.
Si il est décidé qu’une compensation entre ces deux paramètres est effectivement possible, cela ne pourra se faire sans un système de garde-fous, déjà en place dans la RT 2005 qui fonctionnait par approche thermique globale.
Autrement dit, il n’est pas pensable qu’un bâtiment très mal isolé, générant donc une consommation en énergie primaire élevée, compense ce handicap avec, par exemple, le caractère biosourcé de ses matériaux.
A l’inverse, il serait contraire à l’esprit de la démarche qu’une construction à fort impact carbone se rachète une vertu par un excès de performance énergétique.

Deux critères complémentaires

Toute la force de l’approche E+C- réside donc dans la complémentarité des deux critères, destinés à faire émerger des modes constructifs et des solutions technologiques innovantes.
La France pourrait ainsi devenir un pays pionnier du bâtiment du XXIe siècle !

 

En conclusion, les annonces de Julien Denormandie vont assurément dans le bon sens, et si elles illustrent le pragmatisme avec lequel le Gouvernement entend préparer la future réglementation, elles ne doivent pas laisser de faux espoirs à ceux qui rêvent du statu quo : la transition énergétique est en marche !