2017, une vraie reprise dans la construction, et quelques questions

Publié le mercredi 5 juillet 2017|Auteur: Pierre Boyzer
2017, reprise dans la construction

Tout va mieux dans le secteur de la construction.

Depuis 2008, les mauvaises nouvelles se succédaient et les professionnels commençaient à désespérer d’une situation qui ne parvenait pas à s’améliorer alors même que les besoins, en particulier dans le logement, restaient considérables.

Cette fois, rien ne paraît pouvoir arrêter le cycle de la reprise.

 

Une reprise généralisée

Le rebond des commercialisations de logements neufs, tant dans le collectif que dans la maison individuelle, qu’on observe depuis 2015, se traduit enfin dans la réalité de l’activité des entreprises et des industriels.

La vente de logements neufs  (en collectif) a ainsi progressé de 18 % l’an dernier, et la tendance se poursuit pour 2017, avec selon les données de la FPI (Fédération des Promoteurs Immobiliers) une progression de 13,8 % au premier trimestre de cette année par rapport à la même période en 2016.

Les données sont encore meilleures pour la maison individuelle, avec une croissance de l’ordre de 20 % selon les données de LCA-FFB (Les Constructeurs et Aménageurs de la Fédération Française du Bâtiment).

Cette reprise généralisée sur le logement neuf aura nécessairement des conséquences positives sur l’emploi, avec probablement autour de 10 000 créations nettes cette année. Une projection qui signifie que les entreprises ont absorbé les surcapacités de production héritées des années de crise.

Dans la construction en effet, le rythme de réduction des effectifs a été moins rapide que celui de l’activité, pour des raisons avant tout culturelles : on ne se sépare pas si facilement de ses équipes dans une entreprise de bâtiment !

 

Des effets qui se font enfin sentir

Les effets de la reprise des commandes, observée dès 2015, se font enfin sentir sur l’ensemble des activités de la construction. Il faut en effet du temps entre une commande et une mise en chantier, et du temps encore entre le début des travaux et le démarrage des lots du second-œuvre, isolation comme équipements techniques.

Pour le marché des pompes, le chiffre d’affaires devrait dépasser cette année les  4 milliards d’euros, avec une part plus significative réalisée sur le marché français (60 % de la valeur partant généralement à l’export). Une bonne nouvelle pour ce secteur qui emploie tout de même 20 000 actifs dans l’Hexagone !

 

Des incertitudes qui demeurent

Toutefois, quelques nuages pointent dans ce tableau que le secteur n’avait plus connu depuis bien longtemps.

Incertitude monétaire

La politique monétaire fait ainsi l’objet d’incertitudes. Des taux d’intérêt historiquement bas ont en effet favorisé la reprise du marché et laissé de la latitude aux acteurs pour faire repartir les prix légèrement à la hausse, une nécessité pour reconstituer des marges largement écornées durant les années les plus difficiles.

Or, si la Banque centrale européenne venait à remonter ses taux directeurs, afin de se laisser des marges de manœuvre en cas de nouvelle crise financière, l’impact serait immédiat sur le marché immobilier.

L’importance de la politique du logement

La politique du logement reste elle aussi sujette à interrogation. Ce sujet a été peu abordé durant les campagnes électorales de 2017, mais il est crucial. Si les Pouvoirs publics décidaient de modifier tous les paramètres des aides au secteur, les turbulences seraient certaines pour quelques mois au moins, le temps que les acquéreurs s’habituent au nouveau contexte.

La rénovation, un enjeu essentiel

L’activité plutôt modeste sur le marché de la rénovation interroge. Rappelons que dans les meilleures années, autour de 2006, l’ensemble des logements construits par an ne représentait que 1 % du parc français. Ce rapport est aujourd’hui inférieur, puisque le parc est plus important qu’il y a dix ans et l’activité plus faible.

C’est donc bien sur la rénovation que se situe l’enjeu essentiel, pour améliorer durablement la qualité des logements existants, en les équipant des solutions modernes qui contribuent au confort et aux économies d’énergie.

Or, l’activité peine à décoller, sans doute parce que depuis quelques années, les prix des énergies n’inquiètent plus les Français, qui ne sont pas prêts à dépenser quelques milliers d’euros pour gagner sur une facture globale restant très acceptable.

Enfin, c’est le contexte économique général qui donnera la tendance pour déterminer le caractère durable de cette reprise. Créations d’emplois, mobilité professionnelle, confiance dans l’avenir, naissances… : tous ces paramètres conditionnent l’activité dans le logement.

Parce que c’est quand tout va que le bâtiment va.