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Dossier

L’enjeu capital de la rénovation énergétique

Publié le jeudi 15 février 2018|Auteur: Pierre Boyzer
Isolation thermique

Fin novembre 2017, un plan autour de la rénovation énergétique a été annoncé par le gouvernement. Ce plan est ambitieux : 14 milliards d’euros de budget pour un objectif de 500 000 logements rénovés chaque année, hors bâtiments publics.
Retour sur les enjeux de ce plan.

Rénover le parc existant pour améliorer la performance énergétique globale

C’est un fait bien connu, déjà identifié lors des débats issus du Grenelle de l’environnement: dans le bâtiment, l’amélioration globale de la performance énergétique passe d’abord par la rénovation du parc existant.
Parce que celui-ci est plus énergivore que les constructions neuves qui sont soumises à des réglementations plus strictes. Et parce qu’au mieux, le nombre de logements neufs produits en une année ne représente que 1 % de l’ensemble du parc immobilier.

Un marché de la rénovation qui stagne

Pourtant, alors que le marché du neuf affiche depuis plusieurs mois un taux de croissance à deux chiffres, celui de la rénovation stagne.
Et quand il repart à la hausse, celle-ci ne dépasse pas les 1 %, selon les saisons.

Le plan gouvernemental en soutien

Le nouveau plan gouvernemental arrive donc à point nommé pour relancer le marché de la rénovation avec une enveloppe de 14 milliards d’euros, somme à laquelle s’ajoute 1,8 milliard d’euros pour la rénovation des bâtiments publics, dont un quart devra être rénové d’ici 2022.
Soumis à concertation, le plan pourrait inclure des instruments nouveaux, notamment un bonus-malus sur les droits de mutation (taxes acquittées lors de la cession d’un bien immobilier) en fonction de la performance énergétique du logement.
L’Etat entend par ailleurs accentuer l’effort autour de la précarité énergétique, qui touche 3,8 millions de personnes, et des passoires thermiques, évaluées à 7 millions de logements.

Un plan au service de la lutte contre le réchauffement climatique

Cette ambition réaffirmée de l’Etat est une très bonne nouvelle. Pour les Français, cela signifie que la volonté politique perdurera dans le temps, et avec elle les moyens financiers pour accompagner l’amélioration thermique de l’habitat.
Pour le climat, cette action est prioritaire, sachant que le parc de bâtiments en France pèse 27 % de nos émissions de CO2.
Pour l’économie, enfin, ce soutien réaffirmé donnera de l’activité aux petites entreprises présentes sur l’ensemble du territoire, prenant le relais d’un secteur du neuf dont les premiers signes d’essoufflement se font sentir.

Un besoin de stabilité

Mais ce secteur a avant tout besoin de stabilité. Chaque modification des aides fiscales entraîne en effet de la confusion dans l’esprit des consommateurs.
Lorsque les dispositifs seront définitivement arrêtés, il faudra donc veiller à les pérenniser et à en informer les consommateurs.
Autre point-clé, le discours à tenir pour booster durablement la rénovation énergétique. Le retour sur investissement de ce type de travaux est généralement très long, même en tenant compte des aides publiques.
Il faut donc apprendre à proposer aux Français du confort, du pilotage par des systèmes connectés, de la réactivité plutôt que de la performance économique, qui reste sans grande conséquence sur les budgets des familles.
Personne ne connaît la consommation de sa chaudière, mais chacun sait s’il a ou non froid les soirs d’hiver et en combien de temps son appareil réagit !

Développer l’approche commerciale

Reste maintenant à renforcer l’approche commerciale pour faire des artisans les ambassadeurs des solutions technologiques de pointe que proposent les industriels français et européens en matière de chauffage et de performance thermique.

C’est à la filière dans son ensemble de porter la relance du marché de la rénovation, en s’appuyant sur la volonté gouvernementale réaffirmée avec force cet automne. Un beau programme pour les années à venir !