Wilo Salmson France fait appel à la réalité virtuelle pour prévenir les troubles musculo-squelettiques chez ses collaborateurs

Publié le lundi 12 juin 2017|Auteur: Salmson
modélisation d'une chaine de production en réalité virtuelle

Première cause de maladie professionnelle, les troubles musculo-squelettiques ou TMS concernent tous les domaines d’activité mais la métallurgie et le BTP concentrent la majorité des cas.
Focus sur Wilo Salmson France qui a fait appel à la réalité virtuelle pour prévenir les TMS et améliorer l’ergonomie des postes de travail dans son usine de Laval.

Les entreprises impactées au même titre que les salariés

Phénomènes multifactoriels, les TMS résultent principalement de facteurs directs tels que la répétition de gestes, les efforts excessifs ou l’accomplissement de tâches en position maintenue. Les zones corporelles les plus touchées sont les épaules, les coudes et les poignets.

Les salariés sont évidemment les premiers concernés par ce phénomène dont les conséquences peuvent être très déstabilisantes.

De leur côté, les entreprises sont de plus en plus impactées par les coûts liés aux TMS. En 2012, au niveau national, ceux-ci ont entraîné la perte d’environ 10 millions de journées de travail soit 1 milliard d’euros de frais couverts uniquement par les cotisations d’entreprise (source INRS).

Il était donc indispensable de s’attaquer au problème. Dès 2010 Wilo Salmson France met en place la démarche « Ergo+ », politique volontariste d’amélioration des conditions de travail au sein de l’entreprise.

Les différentes étapes de la démarche « Ergo+ »

Ergo+ comprend 3 étapes principales :

L’ergoconception

A l’aide de la réalité virtuelle on intègre l’ergonomie à la conception des équipements et des lignes de production, afin de développer des postes de travail adaptés.

A travers un découpage des activités, une analyse RULA est réalisée (la méthode RULA est un outil d’analyse de situations de travail pour postes assis ou debout).

Celle-ci permet d’identifier les contraintes ergonomiques du poste. On peut alors en ajuster le dimensionnement et simuler des aménagements en 3D par du maquettage ou de la réalité virtuelle pour arriver aux conditions ergonomiques.

L’ergomotricité

En s’appuyant sur l’analyse RULA et sur 6 principes ergomoteurs, cette étape corrige les contraintes posturales non liés à l’aménagement du poste.

A partir de là, des standards gestuels sont définis.

Le déploiement

Cette dernière étape concerne l’application de ces standards avec une formation aux 6 principes ergomoteurs et aux standards gestuels.

Des audits de poste sont réalisés pour vérifier de manière régulière et au fil du temps la bonne application des standards gestuels et faire des rectifications si besoin est.

Utiliser le virtuel pour améliorer le réel

Pour gérer le volet réalité virtuelle, Wilo Salmson France a fait appel à la plate-forme Clarté, spécialisée dans l’innovation et le conseil technologique en réalité virtuelle.

Sur la base de plans 2D d’équipement de travail, celle ci a modélisé un poste de travail virtuel en 3D.

En effectuant les gestes nécessaires à son métier au sein de cet environnement de travail virtuel, chaque opérateur équipé de capteurs permet à un logiciel de mesurer et d’analyser les angles formés par ses membres supérieurs.

Opérateur sur un poste de travail virtuel

Sur un écran de contrôle, un avatar reproduit, en temps réel, les mouvements de l’opérateur dans son environnement de travail.

avatar d'opérateur sur un poste de travail

Un code couleur donne des indications sur le niveau de sollicitation entraîné par les différentes postures adoptées. Lorsque les membres apparaissent de couleur verte, la position est bonne. En revanche, une teinte rouge révèle une contrainte.

avatar d'opérateur sur un poste de travail

Il est alors possible de corriger en direct la disposition des éléments du poste de travail, en prenant l’avis de l’opérateur pour lui permettre d’adopter une position adéquate.

En appliquant cette technique, Wilo Salmson France a conçu et installé des lignes de production réduisant efficacement les contraintes physiques de ses opérateurs à leur poste de travail.

Une approche globale

Cependant l’appel à la réalité virtuelle ne peut être l’unique vecteur utilisé par une entreprise pour mettre en place une démarche de prévention des TMS.

L’approche doit être globale et pluridisciplinaire en prenant en compte, en plus de la composante biomécanique, les contraintes organisationnelles ou psychosociales de l’entreprise.

Des résultats positifs

Wilo Salmson France l’a bien compris, et les résultats n’ont pas tardé à suivre.

En six ans, vingt lignes ont d’ores et déjà été conçues en suivant la démarche Ergo+, avec pour résultat une baisse de 45 % des soins infirmiers pour cause de TMS !

Un résultat extrêmement positif qui ne peut qu’encourager l’entreprise à poursuivre dans ce sens.